Une ville où chacun est bien logé

Une ville est un endroit où les gens vivent et cohabitent. Le logement devrait être une priorité de toute politique urbaine. Mais ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, une crise du logement sévit à Verviers. Les autorités communales pratiquent la politique de l’autruche, délaissent le logement social et public et sont surtout soucieuses des marges bénéficiaires des promoteurs immobiliers. Investir dans une bonne habitation coûte pourtant très cher, à l’achat comme en location. Nous voulons que la ville change radicalement de cap et qu’elle prenne elle-même les rênes du marché immobilier sur son territoire. Avec un plan ambitieux pour un habitat durable, de qualité et financièrement accessible. Nous voulons une ville qui prend des mesures énergiques pour lutter contre les logements vides et les marchands de sommeil. Une ville qui prend à bras-le-corps le mal-logement, les problèmes d’humidité et leurs retombées sur la santé des habitants. Une ville qui répond aux besoins des verviétoises et Verviétois en logements sociaux et régule le marché locatif. Une ville se charge elle-même de la construction, de la rénovation et de la mise sur le marché de logements à prix abordable.

Le prix médian d’une maison à Verviers est de 259.000€ en 2024, soit une augmentation de 2% comparativement à 2022. Celui d’un appartement est de 240.125€.en 2024, soit une augmentation de 4.4% comparativement à 2022. Le loyer moyen d’une maison mitoyenne a lui aussi bondi de 15,5 % sur la période 2018-2022. Nous avons d’ailleurs subi une inflation générale des prix, durant les mêmes 4 années, de 15,6% (chiffres BNB). Malheureusement, les revenus des Verviétois n’ont pas évolué dans la même proportion. Pour le PTB, sans une politique radicale, il n’y aura pas de solution en vue. Le secteur immobilier redécouvre la ville et cible le segment riche de la population. Ce qui entraîne une surenchère dans cette classe de prix. Et, une fois de plus, cela fait grimper les prix moyens des loyers.

Des habitations familiales à prix abordable, des logements adaptés pour différentes tailles de ménages, la rénovation des parties plus anciennes de la ville sans en chasser les  habitants d’origine… rien de tout cela ne figure au cahier des charges des actuelles autorités communales. La construction de logements sociaux et publics est laissée pour compte, les listes d’attente sont trop longues, avec quelque 639 demandes réactualisées. Mais nous ne pouvons   pas habiter sur une liste d’attente.

Isolés, jeunes ménages, nouveaux venus, familles monoparentales, personnes âgées à la pension très modeste, familles nombreuses… tous sont mis sur la touche du marché du logement. Aujourd’hui, même les couples avec deux salaires peinent à se loger. Les situations déplorables en matière de logement et les marchands de sommeil sont de retour sans jamais avoir été tout à fait absents. Bref, l’offre ne satisfait tout simplement pas à la très importante demande de logements convenables et abordables. Le libre marché ne résout pas le problème du logement. Au contraire, il l’aggrave.

Des logements à prix abordable, c’est cela qui devrait constituer un projet de prestige pour toute la ville. Pour cela, nous avons besoin d’un plan ambitieux de logements à prix abordable. Un plan à quatre piliers : (1) une tolérance zéro pour l’inoccupationdes habitations et immeubles ; (2) un plan ambitieux de logement social et public moderne ; (3) l’instauration d’un code du logement sur le marché locatif privé, avec une fixation objective du prix du loyer et un label de contrôle du logement ; (4) une politique immobilière urbaine active, avec une Union du logement de la ville qui coordonne cette politique et la met en action. Il doit être ainsi possible pour 2042 d’atteindre les 10% de logements publics: un tiers de logements sociaux supplémentaires et deux tiers de logements à louer ou à acheter à un prix abordable.

Chaque euro investi dans un habitat de qualité est regagné en deux ou trois ans, montre une étude européenne. C’est logique. Car, lorsque l’on vit dans des conditions de logement malsaines, on tombe plus rapidement malade. Les familles qui disposent d’un espace trop exigu connaissent davantage de stress. Parce que les enfants ne peuvent y étudier en toute tranquillité, il y a également davantage de décrochage scolaire. Et davantage d’absentéisme au travail, du fait que les maladies se transmettent plus rapidement. Mal se loger a un coût humain et social important, mais aussi, in fine, un coût pour les finances communales.

Ce que nous voulons

Un. Tolérance zéro pour les logements vides

  • La responsabilité ultime du CPAS est de garantir une vie conforme à la dignité 
  • Par des contrôles permanents, nous combattons l’inoccupation commerciale et les logements vides.
  • Nous actualisons l’inventaire des bâtiments inoccupés ou délabrés pour couvrir l’ensemble du territoire de la Ville. Pour ce faire, nous croisons les données de consommation d’eau, d’électricité et de domiciliation.
  • Nous contactons individuellement chaque propriétaire de logements vides pour établir avec lui un plan de rénovation et de remise rapide sur le marché de ses biens.
  • Nous augmentons le montant de la taxe sur les bâtiments inoccupés ou délabrés dès le premier exercice d’enrôlement. Nous sanctionnons financièrement les volontés de spéculation immobilière.
  • Quant aux logements restés vides pendant plus de trois ans, nous faisons appliquer la « réquisition douce » et les remettons aux mains de l’agence immobilière sociale de la Ville de Verviers ou au CPAS ou à l’Union communale du Logement.
  • Nous mettons en place un soutien financier pour les propriétaires modestes qui rencontrent des difficultés en octroyant des prêts à 0 % pour la rénovation (système du tiers-payant).
  • Nous augmentons l’offre de relogement d’urgence pour qu’un maximum de personnes concernées puissent signaler des logements insalubres.
  • le CPAS afin qu’il puisse assurer, de manière adéquate, l’exécution de la politique sociale au niveau local, en partenariat avec la société civile.
  • Nous refinançons le CPAS afin qu’il puisse, dans les meilleures conditions possibles, offrir un accompagnement de qualité à toute personne nécessitant une aide, basée sur la garantie des droits fondamentaux de chacun. Ce refinancement doit permettre de vérifier, pour chaque citoyen, quels sont les droits et allocations sociales auxquels il a droit.
  • Le revenu d’intégration sociale (RIS) doit être garanti pour toute personne dont le revenu est inférieur au seuil européen de pauvreté.
  • Nous voulons que la Ville relève, au travers d’une aide financière complémentaire, le revenu d’intégration sociale au-dessus du seuil européen de pauvreté.
  • La Ville met en place un projet pilote d’augmentation inconditionnelle du revenu d’intégration sociale des familles monoparentales, et envoie ainsi un signal fort à l’intention du gouvernement fédéral.

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Deux. Une politique ambitieuse de logement social et public moderne

  • Nous faisons respecter l’engagement pris depuis de nombreuses années, mais jamais tenu, d’avoir 10 % de logements sociaux et publics.
  • Nous répondrons dès la fin de cette mandature aux 639 ménages qui attendent un logement social ou public.
  • Dans les projets de nouvelles constructions de logements privés, nous imposons un minimum d’un tiers de logements sociaux ou publics.
  • Nous voulons construire, rénover ou reprendre au privé du logement pour atteindre 10% de logements sociaux et publics en 2030 (gérés par les Sociétés de Logement de Service Public) au lieu des 7,59 % actuels.
  • Nous limitons l’inoccupation structurelle dans le logement social (5,65% en 2023) par un planning par étapes de rénovation et de financement suffisant.
  • Nous gelons les loyers des logements sociaux et plafonnons les coûts communautaires (les charges locatives) à maximum 10 % du prix du loyer.
  • Nous renforçons la sécurité des locataires sociaux, au lieu de la détricoter. 
  • Nous auditons la qualité et l’isolation des logements sociaux actuels, et nous établissons un plan de rénovation en concertation avec les habitants.
  • Nous mettons sur pied une « Union communale du logement » qui s’occupera elle-même de la construction, de la rénovation et de la mise sur le marché de logements sociaux et publics abordables.

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Trois. Une grille des loyers et un label de contrôle du logement sur le marché locatif

 

  • Nous voulons que le gouvernement wallon instaure une grille contraignante des loyers grâce à laquelle les prix seront limités à l’aide de critères objectifs, tels que la qualité du logement et le nombre de chambres.
  • Dans l’attente de cette grille du gouvernement wallon, nous rendons disponible nous-mêmes, en tant que Ville de Verviers, une grille des loyers. La Ville fait une promotion active de cette grille pour les locations sur son territoire.
  • Nous imposons une attestation de conformité pour chaque logement destiné au marché locatif. Comme tout véhicule en circulation, chaque immeuble à louer est soumis à un contrôle de qualité. Il y aura des contrôleurs supplémentaires de l’habitat afin d’augmenter sensiblement le nombre de contrôles.
  • La ville gère elle-même un site internet avec toutes les habitations à louer. Avec un label de qualité et une indication du prix du loyer.
  • Les habitations qui ne satisfont pas aux critères sont enregistrées comme insalubres ou inhabitables. Les taxes sur les bâtiments inoccupés ou insalubres sont augmentées et dûment perçues. C’est le cas pour les logements publics et privés.
  • Un soutien est organisé pour les propriétaires modestes en difficulté.

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Quatre. Une politique immobilière urbaine active

  • Nous interdisons la poursuite de la vente des terrains et bâtiments de la ville.
  • Toute concession à des promoteurs fait l’objet d’un bail. De la sorte, les terrains publics restent propriété publique.
  • Nous instaurons une « Union verviétoise du logement » qui s’occupe elle-même de la construction, rénovation et de la mise sur le marché de logements abordables.
  • Dans les projets de construction nouvelle de l’Union verviétoise du logement, nous prévoyons deux tiers de logements à prix abordable (selon le modèle SMART viennois) et un tiers de logements sociaux.
  • Nous faisons valoir le droit de préemption de terrains en tout premier lieu pour l’acquisition de terrains et d’immeubles destinés au marché locatif.

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